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Le gouvernement veut économiser près de 800 millions sur les formations

Le conseil d’administration de France Compétences a validé un plan de réduction des dépenses de formation professionnelle et d’apprentissage. Face à la pression budgétaire et aux recommandations de la Cour des comptes, l’objectif est d’économiser près de 800 millions d’euros en abaissant de 10% les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage.

Qu’est-ce que France Compétences ?

France Compétences est une institution nationale publique créée par la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018. Elle assure le financement, la régulation et l’amélioration du système de la formation professionnelle et de l’apprentissage en France.

Depuis 2020, l’organisme dispose d’une contribution unique (0,68% ou 1,68% de la masse salariale selon les entreprises) destinée à simplifier le financement des formations, dont l’apprentissage.

Un succès de l’apprentissage qui pèse sur les finances publiques

Après avoir enregistré environ 650 000 contrats d’apprentissage signés en 2021, le secteur a connu une croissance exceptionnelle. Selon les données ministérielles, plus de 800 000 contrats ont été conclus en 2022, près de 900 000 en 2023, avec un léger ralentissement à environ 880 000 en 2024 (Centre Inffo).

Cette montée en puissance représente un record historique : environ 1,1 à 1,2 million d’apprentis étaient en formation en 2024, contre 650 000 en 2019. Toutefois, cette réussite a un coût : France Compétences consacre désormais plus de 12 milliards d’euros à l’apprentissage, contre 7 milliards fin 2019.

Face à cette envolée des dépenses, la Cour des comptes a demandé au gouvernement de revoir les niveaux de prise en charge des formations. Elle a notamment recommandé la fin de l’aide exceptionnelle à l’embauche (5 000 € ou 8 000 € par apprenti), effectivement arrêtée au 31 décembre 2022, ainsi qu’une réforme des exonérations de taxe d’apprentissage.

Le gouvernement veut économiser près de 800 millions sur les formations

Pour répondre aux exigences budgétaires, France Compétences a prévu une baisse totale de 10% des niveaux de prise en charge, représentant une économie d’environ 800 millions d’euros. Cette réduction devait initialement se dérouler en deux étapes : une première baisse de 5% au 1er septembre 2022, suivie d’une seconde de 5% au 1er avril 2023.

Dans les faits, le calendrier a été décalé. La première réduction de 5% a finalement été appliquée à partir du 8 septembre 2023, selon un arrêté publié le 7 septembre 2023 (Centre Inffo). Cette première étape devait générer environ 400 millions d’euros d’économies.

La seconde phase (le second palier de 5%) n’a pas encore été mise en œuvre officiellement. À ce jour, seule la première baisse a été validée, ce qui signifie que l’économie effective avoisine 400 à 450 millions d’euros, soit environ la moitié de l’objectif initial.

L’opposition de la Fnadir et des acteurs de la formation

La Fédération nationale des directeurs de CFA (Fnadir) s’est opposée à la rapidité de mise en œuvre de ces mesures. Les responsables de centres de formation d’apprentis ont alerté sur les tensions de trésorerie et les risques pour la qualité de l’accompagnement des apprentis.

La Fnadir aurait préféré que ces baisses débutent au 1er janvier 2023 au plus tôt, afin de permettre aux CFA d’anticiper et d’ajuster leurs budgets. Les organisations professionnelles soulignent que l’augmentation des effectifs d’apprentis nécessite des moyens proportionnels (enseignants, équipements, accompagnement pédagogique), et que les coupes budgétaires risquent de fragiliser le secteur.

Malgré ces réserves, aucune branche professionnelle ne s’oppose formellement aux économies annoncées, tout en appelant à une répartition équilibrée du financement entre secteur public et privé.

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Article actualisé le 05/05/2026

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