Hollande et le gouvernement misent une fois de plus sur l’apprentissage

François Hollande mise de nouveau sur l'apprentissage lors de ses voeux pour 2016

Lundi 18 janvier, François Hollande devrait tenir son discours sur le “plan d’urgence pour l’emploi”, et annoncer plusieurs mesures pour lutter contre le chômage, notamment en misant sur l’apprentissage. Retour sur les annonces ayant émaillées la fin 2015 et ce début d’année.

 

Le gouvernement veut relancer l’apprentissage

Au lendemain du second tour des régionales, Manuel Valls annonçait plusieurs mesures pour lutter contre le chômage, et déclarait concernant l’apprentissage : “J’attends des régions, quel que soit leur président, qu’elles mettent le paquet pour la jeunesse et l’apprentissage« .

Car loin de se redresser comme l’espérait le gouvernement, et comme le laissait espérer un léger rebond cet été, l’apprentissage a de nouveau décroché à la rentrée 2015.

Interviewée sur RTL une semaine plus tard, la ministre du travail, Myriam El Khomri, réaffirmait le rôle clé de l’apprentissage pour inverser la courbe du chômage, notamment chez les jeunes : “Nous avons en France un chômage de pas ou peu qualifiés. L’apprentissage est une voie d’excellence. 70% des jeunes passés par l’apprentissage trouvent un emploi derrière”.

Elle poursuivait en appelant à une révolution culturelle de la vision que l’on se fait de l’apprentissage et de ses métiers : “Nous avons en France, une sorte de mépris social en direction des métiers manuels et industriels ». « C’est métiers là sont des beaux métiers, dont nous avons besoin. Surtout que beaucoup d’emplois non pourvus sont dans les emplois manuels« .

 

Les vœux de Hollande sur l’apprentissage

Dans ses vœux pour 2016, le président de la république a déclaré “Les filières de l’apprentissage seront largement ouvertes”, il a poursuivi en ajoutant “L’objectif, c’est qu’aucun apprenti ne soit sans employeur et qu’aucun employeur ne demeure sans apprenti”.

Il a continué en insistant : “Tout jeune doit être en formation ou en emploi, quelle qu’en soit la forme. Cet effort en faveur de la génération qui vient c’est un devoir sacré. Il appel a une mobilisation de tous, de l’État, des régions qui viennent de s’installer, et des entreprises”.

 

Relancer l’apprentissage, un vœu pieu?

Les mauvais chiffres se succèdent depuis 2013, et le nombre d’apprentis s’établirait maintenant aux alentours de 386.000. On est loin de l’objectif des 500.000 apprentis fixé par François Hollande pour 2017, objectif qui semble maintenant quasiment inatteignable.

Les raisons à cet échec sont multiples.

Au premier plan desquels l’impuissance de l’action politique, et un manque cruel de cohérence souligné par les annonces et mesures à répétition. On peut penser notamment à l’indemnité compensatrice de formation supprimée en 2013, puis réintroduite sous une autre forme à destination des TPE en 2015 (aide TPE jeunes apprentis).

Cette impuissance et ces actions désordonnées ont également pour conséquence l’accumulation de mesures pas ou peu visibles, et la création d’un véritable millefeuille de nature à décourager les employeurs.

De nombreux autres facteurs sont également pointés du doigt dans la presse (retrouvez certains articles sur : francetvinfo.fr, lexpress.fr, franceinter.fr)  :

  • Le manque d’accompagnement des jeunes,
  • Un financement inefficace de l’apprentissage (via la taxe d’apprentissage),
  • Une prise en charge trop lourde pour les employeurs,
  • La mauvaise image de l’apprentissage, encore trop souvent assimilé à une voie de garage,
  • Le nombre de ruptures des contrats trop élevé (environ 25%),
  • Un enseignement déconnecté des entreprises.

 

Une première mesure en faveur de l’apprentissage déjà annoncée

Quel que soit les mesures que François Hollande va annoncer, pas sûr qu’elles simplifient la vision de l’apprentissage en France.

La première d’entre elle a été annoncée sur RTL jeudi 7 janvier.

En plus du ministère de l’éducation nationale, le ministère du Travail va pouvoir proposer une seconde voie d’accès à certains diplômes pour les jeunes de 16 à 25 ans (cette mesure existe déjà pour les adultes).

En clair, en plus des diplômes classiques tel que le CAP, les jeunes étudiants auront accès à des enseignements exclusivement professionnels, qui se dérouleront en CFA (Centres de Formation d’Apprentis), et qui pourront débuter à n’importe quel moment de l’année.

Il s’agira de formations en alternance, d’une durée inférieure à un an (entre 600 et 800 heures). Lorsqu’ils seront en entreprise les jeunes auront le statut d’apprenti, et ils signeront des contrats d’apprentissage identiques à ceux signés par les jeunes ayant suivi la voie de l’éducation nationale.