Initiative Franco-Allemande pour un Erasmus de l’apprentissage

Initiative Franco-Allemande pour un Erasmus de l'apprentissage

Lundi 23 novembre 2015 Myriam El Khomri (ministre du travail) et Harlem Désir (secrétaire d’Etat aux Affaires européennes) ont annoncé le lancement d’un projet d’Erasmus pour les apprentis.

 

Donner une dimension européenne à l’apprentissage grâce à Erasmus

Ce projet pilote Franco-Allemand a pour ambition de renforcer la mobilité des jeunes de moins de 25 ans et de favoriser leur intégration professionnelle. Il doit permettre d’étendre le système Erasmus aux apprentis (en Bac pro, en BTS) qui ne sont pas étudiants à l’université.

Pour la ministre du travail, Myriam El Khomri, « il faut renforcer la connaissance mutuelle de nos systèmes de formation et favoriser la mobilité européenne des jeunes apprentis, qui constitue un atout indéniable en matière d’insertion. Il est nécessaire de poursuivre l’action de l’Europe en faveur de l’emploi des jeunes ; une Europe qui a du sens, c’est une Europe qui ne prive pas sa jeunesse d’avenir ».

Dans un premier temps ce projet va concerner une cinquantaine de jeunes, Français et Allemands, qui iront étudier en alternance, pour des durées de deux à six mois, au sein de 11 onze grandes entreprises situées des deux côtés du Rhin (Allianz, Michelin, Danone, Bash, BASF, L’Oréal, Siemens, BNP Paribas, ENGIE, Airbus et Safran).

Ce projet pourra notamment compter sur l’implication de nombreux partenaires : le MEDEF et la CFDT côté français, ou encore Erasmus+ et l’OFAJ qui proposeront des bourse de mobilité et des cours de langue.

Cette expérimentation devra permettre d’identifier les éventuels obstacles à la mobilité des jeunes en Europe : durée et rythme des formations, reconnaissance des qualifications acquises, barrière de la langue, difficultés de financement, évaluation des apprentis.

Une fois les obstacles dépassés, et un statut unique de l’apprenti européen établi, l’Erasmus des apprentis pourra être généralisé.

Pour Harlem Désir, « Il n’y a aucune raison qu’Erasmus, qui est un grand succès pour les étudiants, ne le soit pas aussi demain pour les jeunes en formation professionnelle et en apprentissage. Il faut lever tous les obstacles. C’est le sens de cette expérimentation. La formation effectuée dans un autre pays de l’Union européenne, au cours de leur apprentissage, sera un formidable atout pour leur qualification et leur employabilité future. Ce sera aussi une très belle expérience de citoyenneté européenne ».

 

L’apprentissage comme solution au chômage des jeunes européens

L’Union Européenne compte près de 15 millions de jeunes de moins de 25 ans au chômage.

Cela représente environ 25% de l’ensemble des chômeurs du vieux continent, un chiffre similaire à la situation en France. Il existe en revanche des écarts considérables entre des pays comme la Grèce ou l’Espagne, où ce pourcentage tourne autour des 50%, et l’Allemagne, où il se situe plutôt aux alentours des 5%.

L’exemple de l’Allemagne se veut une source d’inspiration pour les autres pays Européens. Le pays consacre en effet d’avantage de ressources à la promotion de l’apprentissage, qui bénéficie de ce fait d’une bonne image.

En revanche en France l’apprentissage est souvent perçu comme un choix par défaut quand les autres opportunités sont fermées.

Pourtant les études l’ont montré à plusieurs reprises, l’apprentissage est l’une des voies d’intégration professionnelle les plus efficaces pour les jeunes.

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– Crédit photo : Ministère des Affaires Étrangères et du développement international – CC BY-NC-SA