Introduction
Le contrat d’apprentissage ne fonctionne pas comme une période d’essai classique. Pour l’employeur, le bon repère est la phase des 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non, pendant laquelle la rupture reste possible selon un régime spécifique. Au-delà, les règles changent, et il faut alors vérifier la procédure applicable avant d’agir.
En résumé
- La phase à suivre est celle des 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, pas une période d’essai classique.
- Les jours passés au CFA ne sont pas comptés dans ce décompte.
- Avant signature, l’employeur doit vérifier la rémunération, les exonérations, les aides et les formalités sur des sources officielles à jour.
- Dès le démarrage, il faut organiser l’encadrement, le poste, les missions et le lien avec le CFA.
- Si le contrat se poursuit après l’apprentissage, aucune période d’essai ne peut être imposée dans le contrat de travail de suite, sauf clause conventionnelle contraire.
Vérifier dès le départ le bon régime des 45 jours en entreprise

Le premier réflexe consiste à compter correctement la phase initiale. La règle utile pour l’employeur est simple : seuls les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise sont pris en compte, et ils peuvent être consécutifs ou non. Les jours passés en CFA n’entrent pas dans ce calcul, ce qui décale souvent le seuil de plusieurs semaines calendaires.
Cette logique est rappelée par le guide de l’apprentissage 2026-2027 de l’Université de Pau, qui précise que la période correspond aux 45 premiers jours de formation pratique en entreprise et que le temps passé en formation n’est pas comptabilisé Guide de l’apprentissage 2026-2027.
Exemple de calcul : si un apprenti alterne trois jours en entreprise et deux jours au CFA chaque semaine, le seuil des 45 jours en entreprise n’est pas atteint après 45 jours calendaires. Il faut suivre les jours réellement passés dans l’entreprise, semaine après semaine.
CDD ou CDI : identifier le bon cadre avant la signature
Le type de contrat change la lecture de la suite. Quand l’apprentissage est conclu dans le cadre d’un CDI, le contrat débute par la période d’apprentissage, puis la relation contractuelle relève du CDI de droit commun, à l’exception de la période d’essai Le contrat d’apprentissage.
Pour l’employeur, cela impose un contrôle simple avant signature : vérifier la nature exacte du contrat sur le Cerfa, puis confirmer le régime applicable si une embauche suit la formation. En CDD comme en CDI, il ne faut pas confondre la phase des 45 jours avec une période d’essai classique.
| Point | À vérifier |
|---|---|
| Régime du contrat | CDD ou CDI d’apprentissage |
| Décompte initial | 45 jours de présence en entreprise uniquement |
| Suite du parcours | Contrat de travail éventuel après la formation |
Contrôler avant signature les coûts, aides et formalités à vérifier
Avant de signer, l’employeur doit chiffrer le coût de départ et lister ce qui doit encore être confirmé sur source officielle. L’objectif n’est pas d’anticiper un montant définitif dans l’absolu, mais d’éviter une mauvaise estimation au moment de l’embauche.
Rémunération et charges : les montants à confirmer
La rémunération d’un apprenti est calculée en pourcentage du SMIC, selon l’âge et l’année d’exécution du contrat. La grille de référence est publiée sur France Travail et doit être vérifiée à jour avant toute simulation de coût. Le même réflexe vaut pour les exonérations de cotisations, qui dépendent de la date de conclusion du contrat et de la situation de l’entreprise.
Sur le volet social, l’Urssaf précise qu’il existe une exonération de cotisations salariales sur la rémunération de l’apprenti, avec un périmètre qui dépend de la date du contrat, et que certaines cotisations patronales peuvent aussi être exonérées sous conditions Urssaf, embaucher un alternant en contrat d’apprentissage. Comme ces règles évoluent, il faut toujours reprendre la vérification au moment de la signature.
Aides à l’apprentissage : ce qui est à confirmer, pas à présupposer
Des aides à l’apprentissage peuvent exister selon la période de signature, la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé. Le bon réflexe consiste à vérifier les dispositifs actifs sur le site officiel concerné avant d’intégrer une aide dans le prévisionnel aides à l’apprentissage.
Exemple de décision : une PME qui recrute un apprenti doit d’abord valider sa rémunération minimale, puis vérifier si une aide est ouverte à la date de signature. Tant que ces points ne sont pas confirmés, le coût d’embauche reste provisoire.
Coûts indirects à anticiper
Au-delà du salaire, plusieurs postes doivent être intégrés au coût employeur :
- temps du maître d’apprentissage ou du référent pour le suivi et les échanges avec le CFA ;
- équipement du poste, matériel ou tenue professionnelle selon l’activité ;
- intégration, consignes internes et montée en autonomie pendant les premières semaines ;
- éventuels frais de transport ou de restauration selon les règles internes applicables.
Formalités administratives à préparer
Avant l’arrivée de l’apprenti, l’employeur doit aussi préparer les formalités de base : compléter le Cerfa, organiser la transmission du contrat, vérifier la DPAE, et confirmer les règles de sécurité applicables au poste. Pour les apprentis mineurs, les vérifications doivent être encore plus rigoureuses, car certaines tâches, machines ou plages horaires sont encadrées.
Ces points doivent être validés sur une source officielle à jour ou auprès de l’OPCO avant la signature. Le bon ordre est toujours le même : vérifier, documenter, puis seulement finaliser.
Préparer l’arrivée de l’apprenti et organiser l’encadrement opérationnel
Le démarrage doit être prêt avant le premier jour. Pour l’employeur, cela veut dire un poste accessible, un référent identifié, des missions définies et un contact établi avec le CFA.
Désigner le maître d’apprentissage ou le référent d’accompagnement
La désignation doit être faite avant l’arrivée, pas après. Le maître d’apprentissage est l’interlocuteur principal de l’apprenti sur le poste et le lien de travail avec le CFA. L’employeur doit aussi s’assurer que la personne choisie dispose du temps et du niveau d’encadrement nécessaires.
Dès le démarrage, l’apprenti a le statut de salarié. Cela implique de respecter les règles de rémunération, de temps de travail et de conditions de travail, tout en lui donnant accès à la formation théorique et à l’accompagnement sur le poste Comprendre la période d’essai en alternance.
Préparer le poste, l’équipement et les missions
Un apprenti ne doit pas découvrir son poste au dernier moment. Avant son arrivée, il faut sécuriser trois points : le matériel, le cadre de travail et la progression des missions.
- prévoir les équipements de protection individuelle et les accès aux outils nécessaires ;
- vérifier les restrictions applicables aux apprentis mineurs ;
- définir des missions adaptées au niveau de formation ;
- identifier ce qui ne peut pas être confié dès les premières semaines.
Exemple concret : un apprenti en BTS Commerce peut rapidement suivre des commandes ou préparer des documents de suivi, mais l’employeur doit éviter de lui confier d’emblée des tâches qui supposent une autonomie complète sur des actes sensibles.
Coordonner avec le CFA avant le démarrage
Le CFA donne le rythme de l’alternance. En pratique, il faut récupérer le calendrier de présence, vérifier les périodes en centre et aligner les premières missions sur les compétences attendues. Ce travail évite les flottements pendant les premières semaines et permet de suivre correctement les 45 jours en entreprise.
Un contact avec le formateur référent facilite aussi le suivi des progrès et la remontée rapide des difficultés. Pour l’employeur, c’est un point simple mais utile : plus la coordination est en place tôt, plus la phase de démarrage est lisible.
Suivre les 45 premiers jours en entreprise avec des points de contrôle simples

Pendant cette phase, le bon réflexe n’est pas de surveiller seulement la présence, mais aussi l’adéquation entre le poste, l’encadrement et le rythme d’apprentissage. Un suivi court et régulier évite de découvrir trop tard qu’un ajustement aurait dû être fait plus tôt.
Tenir un décompte fiable des jours en entreprise
Le calcul doit porter uniquement sur les jours réellement passés en entreprise. Les jours au CFA ne sont pas comptés. Un tableau de suivi hebdomadaire suffit souvent : date, jours effectués en entreprise, cumul, observations.
Le guide de l’Université de Pau rappelle d’ailleurs que la période des 45 jours correspond aux jours de formation pratique en entreprise, et que le temps de formation n’entre pas dans ce calcul Guide de l’apprentissage 2026-2027.
Contrôler l’intégration, la sécurité et les missions confiées
Chaque semaine, trois vérifications suffisent pour garder le cap :
- Sécurité au poste : les équipements nécessaires sont-ils fournis et les règles de sécurité sont-elles comprises ?
- Adéquation des missions : les tâches confiées correspondent-elles au niveau de formation ?
- Rythme d’apprentissage : les premiers retours permettent-ils d’ajuster l’encadrement si besoin ?
Si un point bloque, il faut le traiter pendant la phase initiale, pas attendre la fin des 45 jours. Cette période sert justement à vérifier si le cadre de travail convient aux deux parties.
Documenter les échanges avec le CFA
Le maître d’apprentissage est l’interlocuteur naturel du CFA. Durant les premières semaines, il est utile de noter la date de chaque échange, le sujet abordé et les points de vigilance. Cette trace aide à suivre la progression de l’apprenti et à objectiver un éventuel décalage entre les attentes de l’entreprise et le rythme de formation.
Préparer le point de décision avant la fin des 45 jours
Avant le 45e jour en entreprise, l’employeur doit pouvoir répondre à trois questions simples :
- le poste est-il adapté au niveau de formation ?
- l’encadrement fonctionne-t-il correctement ?
- la poursuite du contrat semble-t-elle pertinente ?
Si la réponse est non, il faut alors vérifier la procédure de rupture applicable sur une source officielle à jour avant d’agir. Le point important est de ne pas supposer qu’un simple réflexe de période d’essai classique suffit.
Décider de poursuivre ou de rompre le contrat au bon moment
La fin de la phase initiale doit être traitée comme une vraie étape de décision. Tant que les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise ne sont pas atteints, la rupture reste possible selon le régime de l’apprentissage. Une fois ce seuil franchi, il faut basculer vers les règles applicables à la suite du contrat.
Confirmer si les 45 jours en entreprise sont atteints
La doctrine juridique reprise par Lefebvre Dalloz rappelle que le contrat d’apprentissage peut être rompu par l’une ou l’autre des parties jusqu’à l’échéance des 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise. Pour l’employeur, le bon contrôle consiste donc à comparer le cumul du tableau de suivi au seuil des 45 jours, sans compter les jours de CFA.
Si le seuil n’est pas atteint, la fenêtre de rupture reste ouverte. S’il est dépassé, les modalités changent et doivent être vérifiées avant toute décision.
Formaliser la décision par écrit
Quand une rupture est envisagée pendant la phase initiale, la décision doit être formalisée. Les modalités exactes, notamment la forme de la notification et les destinataires, doivent être confirmées sur une source officielle à jour avant l’envoi. En pratique, il ne faut pas improviser la procédure.
Anticiper la suite si le contrat se poursuit
Si l’apprenti poursuit dans l’entreprise avec un contrat de travail à l’issue de l’apprentissage, aucune période d’essai ne peut lui être imposée, sauf clause conventionnelle contraire Contrat d’apprentissage | Service Public Entreprendre. Ce point doit être vérifié avant la rédaction du contrat de suite, surtout en présence d’une convention collective particulière.
FAQ
Peut-on rompre un contrat d’apprentissage sans motif pendant les 45 premiers jours ?
Oui. Pendant cette phase, l’une ou l’autre des parties peut mettre fin au contrat selon le régime spécifique de l’apprentissage. Au-delà du seuil, il faut vérifier les règles de rupture applicables sur une source officielle à jour.
Les jours passés au CFA comptent-ils dans les 45 jours en entreprise ?
Non. Seuls les jours de formation pratique en entreprise sont pris en compte. Les jours au CFA sont exclus du calcul.
Si l’apprenti est embauché après sa formation, faut-il prévoir une période d’essai ?
Non, sauf clause conventionnelle contraire. Selon Service Public Entreprendre, aucune période d’essai ne peut être imposée lorsque l’apprenti poursuit son activité dans l’entreprise via un contrat de travail après l’apprentissage.
Quels coûts indirects l’employeur sous-estime le plus souvent ?
Le temps d’encadrement, l’équipement du poste, l’intégration des premières semaines et le suivi avec le CFA sont les postes qui passent le plus souvent sous le radar. Ils doivent être anticipés avant la signature, pas après l’arrivée de l’apprenti.
Au final, l’employeur gagne à retenir trois réflexes : compter les 45 jours sur les seuls jours de présence en entreprise, vérifier les coûts et les aides sur des sources officielles à jour, et préparer l’encadrement avec le CFA avant le premier jour. C’est ce trio qui sécurise vraiment le démarrage du contrat.
