Licence en alternance : faut-il chercher d’abord la formation ou l’entreprise ?
La question revient souvent au moment de se lancer : vaut-il mieux sécuriser une formation avant de chercher un employeur, ou l’inverse ? La réponse courte est simple : dans la plupart des cas, il faut avancer sur les deux en parallèle. Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail de type particulier entre un apprenti et un employeur, avec une formation partagée entre entreprise et CFA comme le précise le Code du travail numérique. Ce guide vous aide à situer votre point de départ, à vérifier la compatibilité entre mission, diplôme et rythme d’alternance, puis à choisir un ordre de priorité réaliste selon votre calendrier.
En résumé
- Dans la majorité des situations, la recherche de formation et la recherche d’entreprise se mènent ensemble, pas l’une après l’autre.
- Votre situation de départ change l’ordre de priorité provisoire : rien de trouvé, formation déjà ciblée, ou entreprise déjà intéressée.
- Le nom du diplôme ne suffit pas à valider une mission : il faut vérifier le lien avec la qualification visée et le rythme proposé par la formation.
- Le calendrier compte vraiment : selon une étude Apec, les entreprises lancent souvent leur recrutement entre mai et juin, et plus de la moitié ont déjà retenu un alternant à la mi-juin source Apec.
- Demander un accompagnement tôt est souvent plus efficace que d’attendre d’être bloqué.
Identifier votre scénario de départ avant de choisir un ordre de recherche
Avant de décider si vous cherchez d’abord une formation ou d’abord une entreprise, commencez par une question simple : où en êtes-vous vraiment ? Votre point de départ change la stratégie à adopter.
Le contrat d’apprentissage organise dès le départ une articulation entre formation en centre et activité en entreprise. La logique n’est donc pas binaire : vous ne choisissez pas un camp, vous construisez un dossier cohérent des deux côtés.
Repérez votre cas parmi les trois situations les plus fréquentes :
- Rien de trouvé. Ni formation ciblée, ni employeur identifié. Dans ce cas, la stratégie la plus réaliste est de lancer les deux recherches en parallèle. La page officielle du ministère du Travail rappelle qu’un apprenti peut suivre sa formation en CFA tout en continuant à chercher une entreprise d’accueil source officielle.
- Formation déjà ciblée. Vous avez repéré une licence ou un programme qui correspond à votre projet. Commencez par candidater à la formation pour obtenir une admission ou une préadmission, puis utilisez cet appui pour chercher l’entreprise.
- Entreprise déjà intéressée. Un employeur vous a déjà repéré ou vous avez une piste sérieuse. Priorité : trouver rapidement une formation compatible avec le rythme et les missions envisagés, avant que l’opportunité ne s’éteigne.
Pour trancher, notez trois éléments concrets : votre date de rentrée visée, votre secteur cible et le niveau d’avancement de chaque recherche. Une rentrée en septembre avec une clôture de candidature en juin n’appelle pas la même organisation qu’un projet encore ouvert sur plusieurs mois.
Ce cadrage ne fixe pas une méthode unique. Il vous donne un point de départ réaliste pour la suite.
Vérifier si la formation visée et la mission possible sont vraiment compatibles

Avant d’envoyer la moindre candidature, vérifiez un point essentiel : la mission en entreprise doit être en relation directe avec la qualification visée. L’apprentissage repose aussi sur une part de formation en CFA qui ne peut pas être inférieure à 25 % de la durée totale du contrat comme le prévoit l’article L6211-2. Cette règle ne remplace pas une vérification à jour auprès du CFA, mais elle donne le cadre à contrôler avant de postuler.
Le nom d’une formation ne suffit pas à valider une mission. Dans une même licence professionnelle, les postes peuvent varier fortement selon l’entreprise et selon le service d’accueil. Le poste proposé doit donc être confronté au référentiel du diplôme, pas seulement à son intitulé.
Contrôler le rythme avant de cibler un employeur
Le rythme d’alternance dépend de la formation et du CFA. La recommandation officielle de La Bonne Alternance est claire : il faut vérifier que le rythme proposé correspond aux attentes des employeurs de votre secteur, car un bon réseau d’entreprises partenaires et un rythme adapté font une vraie différence dans la recherche.
Un rythme peut sembler pratique sur le papier et être mal accepté dans la réalité du secteur. Un employeur qui fonctionne par semaines entières n’a pas toujours la même capacité d’adaptation qu’une structure plus souple.
Questions à poser à l’établissement ou au CFA
- Quels types de missions ont occupé les alternants des promotions précédentes dans mon secteur ?
- Le référentiel du diplôme couvre-t-il explicitement les activités que l’entreprise m’a décrites ?
- Quel est le rythme exact de présence en centre, et est-il compatible avec les contraintes du secteur que je vise ?
- L’établissement a-t-il des entreprises partenaires dans ce secteur, et peut-il me les indiquer ?
Ces questions servent à écarter vite les pistes incohérentes : une mission trop éloignée du diplôme, ou un rythme difficilement tenable pour le secteur, sont des signaux d’alerte avant d’investir du temps dans une candidature.
À ce stade, vous devriez avoir une courte liste de formations réellement compatibles avec vos missions cibles. C’est cette liste, et non le seul intitulé du diplôme, qui doit guider vos candidatures.
Choisir un ordre de priorité réaliste selon votre scénario

La section précédente vous a aidé à cadrer votre départ. Il faut maintenant décider concrètement par quoi commencer, et à quel moment changer de priorité.
Scénario 1 : vous n’avez encore rien de concret
C’est le cas le plus fréquent. La stratégie la plus sûre consiste à avancer sur les deux fronts en parallèle. Le ministère du Travail confirme qu’un apprenti peut entrer en CFA tout en continuant à chercher une entreprise pour signer son contrat source officielle. Vous n’avez donc pas à attendre d’avoir un employeur pour candidater à une formation, ni l’inverse.
Le calendrier joue aussi en votre faveur si vous démarrez tôt. D’après l’étude Apec citée plus haut, les entreprises lancent souvent leur recrutement entre mai et juin, et à la mi-juin, plus de la moitié ont déjà retenu un alternant. Si vous visez une rentrée en septembre, attendre l’été pour contacter des employeurs vous laisse moins d’options.
Priorité provisoire : candidatez aux formations dès que possible pour sécuriser une admission ou une préadmission, puis lancez les démarches entreprise en parallèle sans attendre la réponse finale.
Scénario 2 : vous avez déjà ciblé une formation
Si vous avez trouvé un CFA ou une école dont le référentiel couvre vos missions cibles et dont le rythme convient à votre secteur, commencez par là. Une admission ou une préadmission vous donne un support concret pour parler aux employeurs : vous pouvez présenter la formation, le rythme et la date de rentrée dès le premier contact.
Ensuite, exploitez le réseau de l’établissement. Demandez quelles entreprises ont accueilli des alternants dans votre secteur lors des promotions précédentes, puis avancez en priorité sur ces pistes.
Scénario 3 : une entreprise est déjà intéressée
Ici, la priorité s’inverse clairement : trouvez une formation compatible avant que la proposition n’expire. Vérifiez rapidement le rythme des formations envisagées et confrontez-le aux contraintes de l’employeur. Une entreprise qui organise son activité par semaines entières n’acceptera pas toujours un rythme très morcelé.
Exemple simple : si un employeur vous propose un poste de chef de rayon junior avec une présence nécessaire le lundi, vérifiez que la formation n’impose pas systématiquement ce jour-là en centre.
Quand la recommandation change
- CFA avec réseau partenaire fort dans votre secteur : prioriser la formation peut suffire. Un établissement bien connecté facilite la mise en relation avec des employeurs, à condition que son rythme soit compatible avec les pratiques du secteur.
- Licence générale en alternance plus rare : avant de vous engager, vérifiez qu’il existe bien des entreprises intéressées dans le secteur. Un article de L’Etudiant rapporte qu’avant d’ouvrir un parcours à l’alternance, une étude de marché est nécessaire pour s’assurer de cette demande source L’Etudiant.
- Secteur à recrutement précoce : si les contrats sortent tôt, commencer la recherche entreprise avant l’admission peut être pertinent.
Mini arbre de décision
| Votre situation | Par quoi commencer | Délai critique |
|---|---|---|
| Rien de concret | Les deux en parallèle | Ne pas attendre l’été |
| Formation ciblée, pas d’employeur | Admission, puis réseau du CFA | Avant la clôture des candidatures |
| Employeur intéressé, pas de formation | Formation compatible en urgence | Avant que la proposition se perde |
| Filière rare ou très sélective | Vérifier les débouchés d’abord | Avant de s’engager sur la formation |
Préparer vos premiers documents et vos questions avant d’envoyer quoi que ce soit
Avant d’envoyer une candidature, préparez un socle de documents réutilisables. L’idée est simple : adapter vite votre dossier à chaque formation ou entreprise, sans tout réécrire à chaque fois.
Un CV alternance centré sur les missions, pas seulement sur les titres
Votre CV doit permettre à un recruteur de comprendre en quelques secondes ce que vous avez déjà fait concrètement, et ce que vous pouvez faire dans son équipe. Mettez en avant les missions menées lors de vos stages, jobs ou expériences associatives, pas seulement les intitulés de poste. Si vous ciblez plusieurs licences professionnelles dans des secteurs différents, gardez une base commune et ajustez l’ordre des expériences selon la cible.
Un témoignage d’alternant en licence professionnelle logistique le résume bien : « Le fait d’avoir un CV clair et précis, sur les missions effectuées en entreprise les années précédentes, attire les employeurs. » Source : Université de Bourgogne, SEFCA
Un pitch candidat court et adaptable
Préparez deux ou trois phrases qui résument votre parcours, votre projet professionnel et la raison pour laquelle vous cherchez une alternance dans ce secteur. Ce pitch sert à l’écrit, par email ou sur LinkedIn, comme à l’oral, lors d’un appel ou d’un entretien. Il n’a pas besoin d’être parfait. Il doit être clair, honnête et facile à ajuster selon l’interlocuteur.
Exemple sobre : « Je prépare une licence professionnelle en gestion logistique à la rentrée de septembre. J’ai effectué un stage de six mois en entrepôt où j’ai géré les flux entrants. Je cherche un employeur pour un contrat d’apprentissage sur un poste d’assistant logistique ou coordinateur de flux. »
Les pièces communes à rassembler une seule fois
- Relevés de notes des deux dernières années
- CV en version PDF et version modifiable
- Lettre de motivation de base, à personnaliser selon la cible
- Attestation ou certificat de votre formation actuelle ou passée
- Lettre d’admission conditionnelle si vous l’avez déjà obtenue
Les questions à préparer avant de contacter une formation ou un employeur
- Quel est le rythme exact d’alternance prévu pour cette formation ?
- Quelles missions les alternants de la promotion précédente ont-ils exercées ?
- L’établissement a-t-il des entreprises partenaires dans mon secteur cible ?
- La mission que l’employeur envisage est-elle compatible avec le référentiel du diplôme ?
- Quelle est la date limite pour présenter un contrat signé ?
Vous n’aurez pas toutes les réponses avant d’envoyer votre premier message. L’objectif est surtout d’identifier ce qui manque pour personnaliser sans repartir de zéro à chaque candidature.
Lancer les candidatures en parallèle et demander un accompagnement au bon moment
Une fois votre dossier de base prêt, l’objectif est de candidater sans attendre un dossier parfait. Avancez dans un ordre logique, mais sans bloquer une piste parce qu’une autre n’est pas encore finalisée.
Commencer par le réseau partenaire, puis élargir
La séquence la plus efficace part du plus proche vers le plus large. Un témoignage d’alternant en licence professionnelle Industries Chimiques et Pharmaceutiques de l’université de Bourgogne illustre bien cette logique : l’établissement fournit d’abord une liste d’entreprises partenaires, puis le candidat élargit avec des candidatures spontanées et des appels directs si nécessaire source SEFCA.
Concrètement, cela donne trois paliers :
- Palier 1 : entreprises partenaires de votre CFA ou de votre école.
- Palier 2 : candidatures spontanées ciblées vers des entreprises de votre secteur.
- Palier 3 : appels directs aux entreprises qui vous intéressent si les deux premiers paliers n’ont pas abouti après deux à trois semaines.
Envoyez formation et entreprise en parallèle dès que votre dossier de base est prêt. Ne bloquez pas la recherche d’entreprise en attendant une réponse définitive de la formation.
Quand demander un accompagnement ou déposer son profil
Demander de l’aide tôt n’est pas un aveu d’échec, c’est souvent une décision utile. L’étude Apec sur l’alternance dans le supérieur indique que les jeunes qui disposent de moins de réseau rencontrent davantage d’obstacles et gagneraient à être davantage accompagnés source Apec.
Les mêmes freins peuvent ralentir n’importe quel candidat : absence de contacts sectoriels, méconnaissance des codes du recrutement, ou simple difficulté à savoir à qui s’adresser. Le bon moment pour demander un appui est donc avant d’avoir épuisé toutes vos options.
Trois signaux concrets indiquent qu’il est temps d’agir :
- Deux semaines sans réponse après avoir contacté les partenaires de l’établissement.
- Moins de deux mois avant la rentrée visée, sans contrat signé.
- Secteur peu représenté dans le réseau de votre CFA ou de votre école.
À ce stade, interrogez votre CFA ou votre école sur les dispositifs d’accompagnement disponibles : certains proposent un suivi individuel, d’autres des mises en relation avec des employeurs partenaires.
FAQ
Peut-on être admis en licence en alternance sans avoir encore trouvé d’entreprise ?
Oui. Le ministère du Travail indique qu’un apprenti peut suivre sa formation en CFA tout en continuant à chercher une entreprise d’accueil source officielle. Certains établissements proposent aussi une admission conditionnelle.
Quand faut-il commencer à chercher une entreprise pour une rentrée en septembre ?
Le plus tôt possible, et idéalement avant le printemps avancé. L’étude Apec citée dans l’article montre que les entreprises recrutent souvent entre mai et juin, avec un grand nombre de contrats déjà pourvus à la mi-juin source Apec.
Comment savoir si la mission proposée par une entreprise est compatible avec la licence visée ?
Confrontez le poste décrit par l’employeur au référentiel du diplôme, pas seulement à son intitulé. Le Code du travail exige un lien direct entre les activités en entreprise et la qualification visée. Si un doute persiste, demandez au CFA de valider la cohérence du poste.
Que faire si on n’a ni réseau ni piste d’entreprise pour trouver son alternance ?
Commencez par la liste des entreprises partenaires de votre CFA ou de votre école, puis élargissez avec des candidatures spontanées ciblées. Si deux semaines passent sans réponse, demandez un accompagnement plus structuré. Le plus tôt vous le faites, le mieux vous pouvez corriger votre approche.
Faut-il candidater à plusieurs formations en même temps ?
Oui, si vous partez de zéro. Candidater à plusieurs formations compatibles avec vos missions cibles peut vous aider à obtenir une admission plus vite, à condition de rester sélectif et de ne viser que des formations dont le référentiel et le rythme correspondent réellement à votre projet.
Choisir entre formation et entreprise n’est pas une question d’ordre absolu. C’est une question de calendrier, de cohérence et de point de départ. En avançant sur les deux fronts, en vérifiant la compatibilité mission-diplôme et en sollicitant l’accompagnement disponible au bon moment, vous vous donnez une méthode plus solide pour sécuriser votre contrat d’apprentissage en licence.
